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Bébé dit non à tout : phase de caprice et d’opposition chez l’enfant

Quel est ce caprice que fait mon enfant ?

Votre enfant traverse une phase normale de son développement, une phase qu’on appelle communément la phase d’opposition ou encore « la phase du non ». Il s’agit d’une période qui peut être désagréable pour les parents, car il n’est pas facile de voir son enfant continuellement en désaccord avec nous alors qu’il était parfaitement docile auparavant. Cette période peut débuter bien avant l’âge de deux ans et s’étendre sur une longue période. Cependant, dans la majorité des cas la phase d’opposition est à son point culminant à partir de l’âge d’un an et demi et peut se prolonger jusqu’à l’âge de trois ans. Comprendre les enjeux de cette période vous permettra de passer à travers avec sérénité sans vous décourager.

Quelques informations sur la phase d’opposition ou phase du non

Lors de la naissance, le nourrisson entretient une relation fusionnelle avec sa mère, puis peu à peu il prend conscience qu’il peut exister lui-même. C’est ainsi que commence sa naissance psychologique. Graduellement, l’enfant se rend compte qu’il peut avoir sa propre volonté et son propre système de pensée. Le processus d’individualisation dans lequel il est désormais engagé le pousse à vouloir s’affirmer en s’opposant à vos désirs d’où l’appellation de cette période « la phase du non ». Comme la nature ne fait rien pour rien, cette étape joue un rôle important dans la construction psychique de votre enfant; elle permet au petit en premier lieu, d’exprimer ses désirs puisque désormais, il se perçoit comme un individu à part entière ayant sa propre pensée. Par ailleurs, parce l’enfant a compris que sa volonté peut être différente de la vôtre, la « phase du non » lui permet de faire un premier pas vers l’autonomie. Finalement, l’opposition à vos désirs permet à l’enfant de tester jusqu’à où il peut aller et d’intégrer la notion de limite. On peut donc qualifier cette période de « première adolescence » : votre bébé, complètement fusionné avec vous auparavant, se métamorphose graduellement en une personne individualisée ayant ses propres besoins et ses propres désirs. La phase d’opposition lui permet de s’affirmer en tant qu’individu.

Maintenant qu’on a compris le pourquoi de cette phase et son implication dans le processus de développement de votre enfant, il serait pertinent de savoir comment réagir en tant que parent face à cette situation. La première règle de base est de faire la différence entre un vrai chagrin et un caprice. Si c’est un vrai chagrin, rassurez votre enfant. Par contre, s’il s’agit d’un caprice il est important de rester ferme. Si vous cédez à ses insistances, l’enfant pourra interpréter votre attitude comme étant de la faiblesse. Il pourra devenir angoissé, faute de limites fermes qui sont sécurisantes et lui donnent des repères : il sentira que vous le faites pour son bien et en sera rassuré. Par contre, lorsqu’elles sont floues et fluctuantes, les limites perdent leur caractère sécurisant. En plus d’être ferme, il faut que les deux parents s’entendent pour imposer les mêmes cadres sinon l’enfant interprétera ces dernières comme une vexation infligée gratuitement et non pas comme une obligation. Il est cependant, possible dans certains cas de faire des concessions. Pour cela, il est important d’en distinguer deux types: les limites absolues qui touchent à des principes éducatifs auxquels vous accordez beaucoup d’importance ou qui présentent un certain danger et les limites secondaires qui peuvent être adaptées aux circonstances, au contexte et au caractère de l’enfant tel que l’heure de coucher.

Il est vrai que « la phase du non » est éprouvante pour les parents, mais elle l’est également pour l’enfant. En fait, il n’est pas facile de s’opposer au désir de ses parents d’autant plus qu’il compte entièrement sur votre support matériel et émotionnel. Quand un enfant s’oppose à l’adulte, il ressent des émotions intenses, car même s’il veut se différencier en tant qu’individu, il veut également se faire aimer par ses parents. Vous pouvez lui simplifier cette démarche dans le sens où, lorsque c’est possible, donner à votre enfant la possibilité de choisir entre deux options lui permettant ainsi d’exercer son propre choix. Par exemple, une pomme ou une poire pour dessert, des bas rouges ou des bas bleus. Par ailleurs, lorsque votre enfant se fâche, accueillez son émotion en l’écoutant et en la formulant dans ses mots et en identifiant son sentiment. Une colère écoutée ne dure pas longtemps.

En conclusion, il est important de souligner le fait qu’un enfant joue rarement un jeu de pouvoir avec l’adulte, il dit non pour rappeler qu’il est une personne à part entière, un individu. Ce processus de métamorphose est éprouvant aussi bien pour vous que pour lui. Une présence rassurante et attentive, une attitude ferme et cohérente et bien sûr, une bonne dose de patience sont nécessaires pour passer sereinement à travers cette phase d’opposition indispensable à l’individualisation de votre enfant.

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